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La place des Terreaux est l’un des endroits névralgiques de Lyon, la « capitale des Gaulles ». Entre Rhône et Saône, dominée par l’opulent hôtel de ville, proche de l’Opéra et de la commerçante rue de La République, elle se trouve également au pied de la colline de la Croix-Rousse. Partons à la découverte du Lyon historique, celui des Canuts, ces ouvriers qui tissaient la soie, spécialité industrielle locale.
Jadis, la plupart des métiers à tisser se trouvaient dans le quartier escarpé de la Croix-Rousse, dont les anciens couvents possédaient d’assez hauts plafonds pour abriter les immenses machines. Mais évidemment le Vieux-Lyon a aussi été contaminé par cette ferveur textile, qui fît de Lyon une capitale de la soie au XVIIème siècle.
Mais n’allons pas trop vite ! Puisque trois cent années d’histoire nous attendent paisiblement, prenons quelques secondes encore pour admirer la fontaine du sculpteur Bartholdi, sur la place des Terreaux. Commandée pour la ville de Bordeaux, c’est à Lyon qu’elle a élu domicile. Pourquoi ? Chut, ce que statue veut, Dieu le veut.
Les férus d’art feront escale au Musée des Beaux-arts, également situé sur la place. Ils apprécieront également l’œuvre de l’artiste Daniel Buren, qui a habillé la place de son style bichromatique. Voila qui n’est pas sans rappeler son travail dans la Cour d’honneur du Palais Royal à Paris. Puisque l’on a un peu de temps, tournons-nous encore d’un quart pour admirer l’Hôtel de ville, construit dans un mélange particulièrement riche de styles architecturaux, allant de Louis XIII au Second Empire.
Après un petit détour pour admirer l’Opéra, entièrement rénové par Jean Nouvel suite à l’incendie qui l’avait partiellement détruit, il est temps d’entamer une plongée dans le passé.
Non loin de la place des Terreaux : la rue Sainte-Catherine et ses innombrables bar, assurément l’un des plus festives de Lyon, mène via la rue Louis Vitet à l’agréable place Sathonay. Joli point de départ en vue d’entamer enfin notre ascension de la Croix-Rousse. En haut de l’escalier, on peut apercevoir l’amphithéâtre des Trois Gaulles, l’un des vestiges les plus importants de l’époque romaine, où Lugdunum était considérée comme la capitale des provinces impériales des Gaulles. Sainte-Blandine y fût sacrifiée, livrée aux lions en représailles de ses croyances.
Là, les rues deviennent étroites et se rejoignent entres elles par des escaliers ou des passages couverts. L’ambiance bohême, populaire et hétéroclite des petits cafés, échoppes ou locaux d’associations que l’on croise, nous plonge déjà dans l’univers des Canuts.
Mais « les Pentes », comme on appelle ici les ruelles entremêlées de la Croix-Rousse, ne seraient pas ce qu’elles sont sans les traboules. Du latin « transambulare », signifiant traverser, les traboules ont été construites dés l’Antiquité lyonnaise. Elles permettaient de passer d’une maison à une autre afin de gagner du temps mais également de partager des équipements communs tels un puits. Vous pouvez admirer de nombreuses traboules : rue des Capucins, rue des Tables Claudiennes, montée de la Grande Côte. La plus célèbre est certainement celle, gigantesque, de la Cour des Voraces.
Cette architecture urbaine, faite de milles passages secrets, a été propice à la révolte des Canuts, qui se sont rebellés contre leurs difficiles conditions de travail lors d’une mutinerie historique, en octobre 1831 puis en 1934. Faisant bloc et se faufilant dans les traboules, ils ont fait face, armés de leur seule détermination, à plus de 12.000 soldats.

Pour mieux connaître l’histoire des Canuts, vous pouvez visiter la Maison des Canuts, sanctuaire du passé des travailleurs de la soie, ou le Musée des tissus, dont la collection sur l’histoire du textile est la plus complète au monde.
Enfin, à force de monter, on finit par atteindre le plateau de la Croix-Rousse. C’est l’occasion d’y découvrir sa vie de village, sa place ombragée mais aussi son « Gros Caillou », une pierre énorme qui a atterri là sans que personne ne sache vraiment pourquoi.
Mais veut-on vraiment le savoir ? Encore un des mystères qui font tout le charme des Pentes. Prenons plutôt le temps d’admirer la vue qui s’étend jusqu’au parc de la Tête d’Or et profitons de cette pose méritée après notre abrupte cordée.
— plaisir des yeux
— plaisir culturel
— boire un verre
— déjeuner, dîner
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