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Situé en pleine Sologne biésoise, Cheverny est l’un des plus célèbres châteaux de la Loire, avec Blois et Chambord. Son architecture, élégante et particulièrement homogène, sa façade d’un blanc immaculé et le fait qu’il soit magnifiquement meublé sont à l’origine de cette notoriété, due également à Hergé, qui s’en inspira pour créer le Château de Moulinsard, décor récurrent de la bande-dessinée Tintin.
A l’origine du château que l’on peut admirer aujourd’hui, il y a un forteresse primitive, édifiée en 1500. N’en subsistent que quelques vestiges, visibles dans les communs. « Merveille née de l’amour » de Philippe Hurault, descendant des propriétaires des terres, et son épouse Marguerite Gaillard de La Morinière, Cheverny fut érigé entre 1624 et 1630.
Un projet si ambitieux qu’aucun des époux, qui y apposèrent leurs initiales entrelacées (un H et un M) n’eut la chance d’en jouir, une fois achevé. C’est Elisabeth, Marquise de Montglas leur fille, qui prit soin d’achèver la décoration intérieure. Le résultat, splendide, inspira à « la Grande Mademoiselle », fille de Gaston d’Orléans, l’expression de « palais enchanté » à l’égard du château de ses aïeux.
Ce qui fait la singularité de Cheverny, outre la régularité de ses formes, c’est sa blancheur. Cet aspect immaculé, il le doit à la pierre de Bourré. Ce matériau, qui tient son nom du village du Loir-et-Cher dont il provient, est un tuffeau qui à la particularité de blanchir et durcir en vieillissant. L’architecte Jacques Bougier (dit Boyer) qui travailla également à Blois et à Chambord, choisit d’utiliser cette pierre car elle présentait l’avantage d’être beaucoup plus solide que le tuffeau de la Vallée de la Loire.
Mais les attraits de Cheverny ne sauraient se cantonner à la façade, superbement mise en lumière par une perspective parfaite. Sa décoration intérieure est également remarquable. Celle-ci est l’œuvre du blésois Jean Monier. En son temps, ce dernier avait bénéficié de l’appui de la Reine Marie de Médicis, qui l’envoya parfaire son talent en Italie. A son retour, elle l’employa au palais du Luxembourg à Paris. Puis il revient à Blois, sa ville natale. Auréolé d’un succès mérité, il fut appelé à Cheverny pour y exercer son talent. Son talent à notamment fait merveille dans la salle à manger, où a depuis été ajouté du mobilier des époques suivantes, le grand salon, la salle d’armes, plus grande pièce du château et la chambre du Roi, la plus richement décorée.
A l’extérieur, le parc à l’anglaise mêle des arbres rares et majestueux, parfois géants à l’image des séquoias. A proximité, le jardin potager de 2100 m² continue d’évoluer au fil des saisons. Fleurs, arbustes fruitiers, légumes et rangs de vignes se côtoient en carrés. La façade arrière de l’Orangerie ouvre sa perspective sur un jardin d’agrément contemporain.
Enfin, les communs du château de Cheverny abritent une exposition permanente baptisée « les secrets de Moulinsart », rendant hommage au dessinateur Hergé. En effet, le père du célèbre Tintin s’est très grandement inspiré de Cheverny pour dessiner Moulinsart, la demeure du capitaine Haddock. Moulinsart, c’est tout simplement Cheverny avec les deux « tours » extérieures en moins. Saisissant.
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