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Montpellier, terre des Rois d’Aragon

14/12/2010
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Montpellier - l'arc de Triomphe

Montpellier, 250 000 habitants peut se targuer d’être la ville la plus dynamique de France. Sa population a doublé en 50 ans, attirant de plus en plus d’étudiants et ses lignes de tramway se multiplient autour du centre historique. Surnommé l’écusson depuis le Moyen-âge, il est constitué d’un dédale de ruelles labyrinthique. Aussi appelée « lo Clapas », en occitan « le tas de pierre », elle affiche de magnifiques façades blanc crème typiques de cette région calcaire, que l’on admire en se baladant au gré des ruelles.
On flâne volontiers de boutique en boutique, on profite du soleil à la terrasse des cafés ou sur les places d’églises. Derrière la modernité des enseignes aux néons lumineux, les riches façades sculptées des bâtiments historiques laissent deviner le faste révolu de cette ville lumière au temps des Rois d’Aragon, qui rayonna par son ouverture sur le monde et les sciences. Voyage au cœur de la capitale occitane.

Montpellier doit son nom aux Romains, qui la baptisèrent « Montepestelario », « le Mont du Pastel », car elle produisait depuis l’Antiquité une teinte bleue pastel réputée. La ville marchande naît véritablement au Moyen-Age, sous la dynastie  des seigneurs Guilhem, qui commença autour de l’an 1000. De son enceinte fortifiée, il reste la tour de Babote, au Sud, aujourd’hui surmontée d’un observatoire astronomique construit par Société royale des sciences au XVIIIème siècle.
La tour des Pins, au nord, transformée en prison pour femmes, a fait l’objet d’une prophétie de Nostradamus. Alors étudiant à la faculté de médecine de la ville, le futur astrologue annonça que Montpellier périrait par les flammes le jour où les pins coiffant cette tour disparaîtraient. Par précaution, ceux-ci ont été arrachés et remplacés par quelques cyprès ! Enfin la porte des Salinières, aux débouchés de la rue de l’Université, était l’entrée privilégiée des négociants de la route du Sel qui passaient par là au Moyen-âge.

Commençons la visite de la ville par la Place de la Comédie, une grande esplanade immanquable, rendez-vous de tous les habitants, où s’alignent terrasses de cafés et chaînes de magasins. A l’Est, ne manquez pas le centre commercial Polygone, temple du shopping. A l’ouest, admirez le magnifique Opéra construit en 1888, tout orné de dorures et de sculptures en façade, qui a donné son nom à la place. Dans son hall d’entrée, trône la statue originale des trois grâces dont la copie se trouve sur la grande fontaine éponyme juste devant l’édifice.

A Montpellier au XIXème siècle, la révolution industrielle marque la construction d’immeubles « second empire » Haussmanniens, comme en témoigne le « scaphandrier » au dessus du cinéma Gaumont, une exotique coupole d’ardoise et de zinc en forme de bulbe. En dessous, un fronton sculpté montre les sources de la richesse de la ville au XIXe siècle : la vigne et le rail. Tournez-vous et admirez, tout au bout de la rue Maguelone, la gare Saint Roch dont la façade date de la même époque.

Remontez ensuite la rue de la Loge, qui doit son nom à son activité commerciale, connue depuis le Moyen-âge. Ne manquez pas la rue de l’Argenterie (à gauche) dans laquelle vous remarquerez le Palais des rois d’Aragon datant du XIVème siècle. Continuez sur la minuscule place Saint-Ravy, où se trouvent une belle fontaine et la façade gothique de l’hôtel de Jacquet.

Continuez rue Voltaire pour déboucher Place Saint-Roch. Ici de nombreux restaurants encerclent une église néo-gothique construite au XIXème siècle sur les ruines d’un lieu de culte plus ancien.
La ville compte très peu d’églises catholiques car elle fut une place forte des protestants qui les détruisirent pendant les guerres de religion, notamment pendant le siège de la ville par le Roi Louis XIII en 1622, qui finit par remporter la bataille à coup de boulets de canons. Saint-Roch, le saint patron de Montpellier, était également le saint guérisseur des pestiférés et des pèlerins. Il fut surtout vénéré au XIV et XVe siècles, des époques terribles marquées par la meurtrière peste noire, la guerre des 100 ans et des récoltes gâchées par des inondations et des tempêtes.

Remontez ensuite par la rue de l’Ancien courrier. Baptisée rue des ânes au XIVème siècle car les paysans de passage y attachaient leur mules à des anneaux de fer fixés aux maisons (visibles aux n°5 et 7), elle a été renommée en raison de la poste qui y existait au XVIIIème siècle. Au n°13, remarquez le magnifique hôtel particulier construit en 1717 par Lacourt, directeur des postes du Languedoc. Toujours sur cette rue, admirez plusieurs portes anciennes appartenant à l’Hôtel Montcalm. Enfin, ne manquez pas l’hôtel particulier de Tournemire, l’un des plus anciens de la ville. C’est ici que la reine Marie d’Aragon, dernière héritière des Guilhem, mit au monde, en 1207 l’enfant qui devint le roi Jacques le Conquérant, comte de Barcelone. De très belles voûtes ogivales dans les salles du rez-de-chaussée attestent de la splendeur de cet antique palais royal.

Prenez ensuite la rue Saint-Guilhem pour déboucher sur la place des Martyrs de la résistance où ont été construit la Préfecture et le Palais de Justice, au XIXème siècle, dans un style haussmannien. Cette place hérite d’un passé peu glorieux : pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’Hôtel de Ville était le quartier général des pétainistes, si bien que Pétain et Franco s’y rencontrèrent, et que les résistants y étaient envoyés en transit avant la prison ou la déportation.
Dans son prolongement, la rue Foch est l’ancienne « voie impériale » qui passe par l’arc de triomphe (du XVIIe siècle), et qui mène à la promenade du Peyrou, l’ancienne place royale où trône une statue de Louis XIV.
Cette esplanade offre une jolie vue sur la ville depuis son château d’eau orné de colonnes corinthiennes qui alimentait la ville en eau potable grâce à un remarquable aqueduc à double rangées d’arcades superposées. A l’angle Ouest du Peyrou, admirez l’hôtel particulier Molinier qui fut la résidence d’un grand Maître des chevaliers de l’Ordre de Malte. Le magnifique jardin et la maison typique du classicisme languedocien se visitent. Descendez ensuite le boulevard du Peyroux jusqu’à l’Université.

Cette extraordinaire université créée au XIIIe siècle est un ancien monastère qui faisait partie de la cathédrale Saint-Pierre. Cette faculté a eu un rayonnement exceptionnel dans toute l’Europe jusqu’à la Révolution française, grâce à la réputation de son Ecole de Médecine (la plus ancienne du monde) et fut la première à disséquer des cadavres en 1366.

Ouvert uniquement sur visite guidée par l’office de tourisme, le musée de l’Anatomie, ou plutôt des horreurs, propose des exemples de dissections des foetus anormaux et autres monstres conservés dans des bocaux de formol ! Le musée de la pharmacie présente l’officine art-déco des apothicaires de l’époque. Toujours dans cet édifice, le musée Atger compte une très riche collection de dessins des écoles flamande, italienne, hollandaise, allemande et française de la Renaissance au XIXe siècle. Enfin le Jardin des plantes, a été fondé en 1593 pour servir à l’enseignement des médecins et apothicaires. Il compte 2.200 espèces dont 760 arbres.

Pour conclure la visite, engouffrez-vous dans la rue de l’école Mage puis la rue Saint-Pierre qui mène à la cathédrale de la ville, la seule qui ne fut pas entièrement détruite par les protestants. Forteresse gothique construite en 1364, particulièrement spectaculaire avec ses deux piliers massifs cylindriques extérieurs soutenus par des arceaux, son chemin de ronde, ses créneaux et ses mâchicoulis.
Ce sont les seuls éléments de l’architecture médiévale de la cathédrale que l’on peut encore observer aujourd’hui. Durant les guerres de religion, une vingtaine de catholiques qui s’y étaient réfugiés y périrent massacrés puis en quelques heures, elle fut complètement dépouillée.

Informations :

  • Hôtel particulier Molinier et Musée d’anatomie
    Se visitent exclusivement lors de visites organisées par l’Office de tourisme de Montpellier
    30 allée Jean de Lattre de Tassigny, Tél : 04 67 60 60 60 — www.ot-montpellier.fr
    (Coordonnées GPS : 43.609459 x 3.881352)
  • Cathédrale Saint-Pierre et église Saint-Roch
    Ouvert tous les jours de 9h à 12h et de 14h30 à 19h, samedi fermeture à 18h15
    rue Saint-Pierre (GPS : 43.612621 x 3.874676)
  • Musée Atger
    Ouvert les lundi, mercredi et vendredi de 13h30 à 17h45, entrée libre. Fermé en août
    2 rue de l’Ecole de Médecine, Tél : 04 67 66 27 77
    (GPS : 43.612681 x 3.874269)
  • Musée de la pharmacie
    Ouverture du mardi au dimanche de 10h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h, fermé les lundi et jours fériés
    1 rue de la monnaie, Tél : 04 67 67 93 32
    (GPS : 43.610853 x 3.879198)
  • Jardin des Plantes
    En été, ouvert de 12h à 20h en été, fermé le lundi. En hiver, (d’octobre à mai) ouvert de 12 à 18h, fermé le lundi
    163 rue Auguste Broussonnet (GPS : 43.615837 x 3.871946)
  • Opéra Comédie
    11, rue Victor Hugo, Tél : 04 67 60 19 80 — www.opera-montpellier.com
Texte : Camille Griffoulières
Photos : Céline Escolano / Elohim Carrau (Office de Tourisme de Montpellier)
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