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Les charmes méconnus du XXeme arrondissement de Paris

10/11/2011
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Rue des vignoles

Le XXème arrondissement est un des quartiers de Paris les plus riches en mystères et lieux insolites. Ateliers d’artistes, jardin expérimental, restaurants atypiques, œuvres d’art éphémère, village hors du temps, crieur de rue : mille et un spectacles inattendus vous attendent à chaque carrefour… Laissez-vous donc tenter par un périple improvisé et suivez le guide !

Je vous attends au croisement de la rue des Vigoles et de l’impasse des Souhaits, attablé à la terrasse du bistro-galerie « Les Mondes Bohèmes » où se déroulent exposition d’artistes du quartier et apéro-concerts… Pour patienter, je goûte la complice fraîcheur de la tonelle recouvertes d’herbes printanières et jette un petit coup d’oeil du côté de la charmante villa Bergame.

Ah ! Vous voici enfin ! Le temps de terminer ma grenadine et je vous rejoins en deux temps, trois mouvements ! Commençons, je vous prie, notre promenade dans la rue des Vignoles, véritable musée du street art (terme regroupant les artistes de rue qui utilisent l’affiche, le sticker, le pochoir, la peinture, la mosaïque, les installations ou encore l’animation  dans l’espace urbain) où s’exposent collages et graffitis en tous genres.

Street art et crieur de rue

Dépassons la rue Satan et poursuivons notre exposition en plein air en remontant la rue des Orteaux où ici encore, de nombreux artistes animent les murs de leurs créations. Nous voici à l’angle de la rue de Bagnolet et de Monte-Christo, quand soudain, surprise, stupeur, voici que surgit un crieur de rue, déclamant des annonces improbables en s’accompagnant d’un tambourin !

Tatatadaammm, « Le Zubial donne rendez-vous ce soir à la marquise des Anges au jardin de Bonaventure ». Tatatadam, « Echange chat de gouttière contre pigeon voyageur ». « Jeune étudiant en beaux-arts cherche Vénus de Milo ». « Athalie est restée en extase. Nous disons deux fois : Athalie est restée en extase ». Tatatadammmmm et disparition de l’orateur.

Tout interloqué, j’interpelle une passante, témoin elle aussi de cette intervention surréaliste :

Fabuleux personnage ! Mais qui est-il au juste ? Un original, un comédien en manque de public ? Et que signifient ces messages codés ? ». « Olivier qu’il s’appelle, cet énergumène! Le vendredi soir et le samedi midi, il parcourt le quartier des Amandiers en lisant les annonces que lui ont envoyé les habitants du quartier. Si vous voulez faire une déclaration publique, il vous suffit de s’adresser à l’association La XXème Chaise… ». « Et le jardin de Bonaventure, le Zubial, la Marquise des Anges ? ». « Alors ça, j’en sais fichtrement rien, c’est trop ésotérique pour moi ! Mais le jardin de Bonaventure, c’est le surnom qu’on donne à la jungle du XXème ! C’est un peu plus haut, rue de la Réunion. ». « On y file ! Merci mille fois pour ces renseignements! »

Avant de partir à la recherche de ce mystérieux parc, je vous propose d’observer un court arrêt à la villa Riberolle. Si vous décidez de vous y rendre et que les grilles semblent fermées, ne vous laissez pas décourager, elles ne sont pratiquement jamais verrouillées… On y trouve des ateliers d’artistes, une réserve d’objets indiens joliment nommé Le Bateau de Safran et Miss Tic, célèbre artiste-poétesse qui parsème les rues de la capitale de ses pochoirs, y a laissé un joli souvenir.
Au fond de cette impasse, vous pouvez surprendre un bonhomme blanc dessiné sur le mur, sorte de passe-muraille en pleine évasion… Derrière, c’est le Père-Lachaise… En fait, cette silhouette blanche appelée Corps blanc ou l’homme blanc est l’œuvre du peintre Jérôme Mesnager et nous pouvons la retrouver un peu partout dans Paris, dans d’improbables postures… Elle a aussi servi d’illustration à  la pochette de l’album « Y’a des cigales dans la fourmilière » du groupe musical La Rue Kétanou.

La « jungle » du XXème


Rebroussons chemin,  revenons à la rue de Bagnolet et allons en direction de la rue de la Réunion et pénétrons en pleine jungle ou presque avec l’assurance d’un d’Indiana Jones urbain ! Nous sommes au cœur du Jardin Naturel.
Ici, tout traitement chimique est proscrit, l’herbe n’est coupée qu’une ou deux fois par an, il n’y a pas d’arrosage, les variétés de plantes sauvages les plus rares s’y épanouissent, comme le géranium herbe-à-Robert, l’hellébore fétide, « appelée autrefois « herbe au fi », c’est-à-dire « au dégoût » » et jadis utilisée par les empoisonneuses au  temps des courtisanes…
Il est également peuplé de libellules rouges qui évoluent langoureusement sur des lianes fleuries et parfumées tandis que de gracieuses grenouilles jouent à la marelle sur les nénuphars d’un bassin paisible… C’est le cadre idéal pour déclarer sa flamme à un(e) botaniste !

Faussons compagnie aux elfes, lutins et fées de cet univers bucolique et allons découvrir une ancienne station de chemin de fer métamorphosée en  temple de la musique… En avant toutes à « la Flèche d’Or » ! Construite dans les années 90 entre les murs de l’ancienne gare de Charonne, au pied de la Petite Ceinture, ligne ferroviaire désaffectée qui fit le tour de Paris de 1862 à 1934, La Flèche d’or tire son nom d’un train qui reliait Paris à Londres par le 20e… En 1926, ce n’était pas encore l’Eurostar, toutefois celui-ci roulait quand même à 110 km/h, s’il vous plaît !
Aujourd’hui, c’est un des lieux incontournables de la scène musicale parisienne. On peut y découvrir de nouveaux talents mais aussi trinquer avec eux dans le café attenant à la station. Faites juste attention à ne pas tomber sur les voies après avoir bu quelques verres avec Peter Doherty !

A quelques mètres des klaxons, le paradis

Sur ces considérations mélomanes, rejoignons la porte de Bagnolet où se déroule un tout autre concert : celui des klaxons, vociférations d’automobiliste et autres nuisances sonores sur fond de pollution. Mais dans quel traquenard vous ai-je donc emmenés ? Soyez sans crainte, quelques mètres plus loin, le paradis est à vous. Oui, au début de la rue Paul Strauss, un escalier vous invite au septième ciel. Une cinquantaine de marches plus haut, vous voici dans un autre espace-temps. Silence à peine troublé par le chant des oiseaux, senteurs florales ; ici, tout n’est que luxe, calme et volupté !

Rues Jules Siegfried et Irénée Blanc, les pavillons rivalisent de charme et chaque jardin est une véritable œuvre d’art. Surnommé à juste titre « campagne à Paris », cet havre de paix est un détour incontournable pour tout promeneur citadin…

C’est la fin du voyage, mais pour se remettre de toutes ces émotions, laissez-moi vous inviter au restaurant « Chantefable ». Par la magie d’un somptueux décor dans le plus pur style Art Nouveau, nous voici projetés au cœur de la Belle Epoque en compagnie d’Arsène Lupin et des frères Lumière… C’est dans ce cadre unique que je vous propose de repasser le film de cette journée tout en dégustant un savoureux plateau de fruits de mer (spécialité de la maison) arrosé d’un chablis grand cru… (avec modération).
A très bientôt pour une prochaine promenade !

Informations :

  • Les Mondes Bohèmes 31 rue des Vignoles — Métro Alexandre Dumas (Ligne 2) (GPS :  48.8543952 x 2.4003693)
  • Villa Bergame via la rue des Vignoles (GPS :  48.8536173 x 2.3995596)
  • Rue Satan —  Métro Maraîchers (Ligne 9) (GPS : 48.856155 x 2.4026223)
  • Rue des Orteaux  — Métro Maraîchers (GPS :  48.8563042 x 2.4041836)
  • Villa Riberolle, via la rue de Bagnolet — Métro Alexandre Dumas (GPS : 48.8572172 x 2.396884)
  • Jardin Naturel, 120, rue de la Réunion — Métro Alexandre Dumas (GPS : 48.8552615 x 2.4014708)
  • La Flèche d’Or, 102 bis, rue de Bagnolet — Métro Alexandre Dumas (GPS : 48.8595307 x 2.4028675)
  • Rue Paul Strauss — Métro Porte de Bagnolet (Ligne 3) (GPS : 48.8664995 x 2.4073463)
  • Rue Jules Siegfried (GPS : 48.866107 x 2.407629)
  • Rue Irénée Blanc (GPS : 48.8663271 x 2.4080961)
  • Restaurant Chantefable, 93 Avenue Gambetta — 01 46 36 81 76 — Métro Gambetta (Ligne 3) (GPS : 48.8658159 x 2.3992596)

L’ensemble de la promenade en diaporama :

Texte & photos : José-Maria Burnel / www.josonthemoon.net
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Laisser un commentaire Discussion : 2 commentaires

  1. Sans oublier le Passage des Soupirs qui relie la rue des Pyrénées à la rue de la Chine, et la Cité et Villa de l’Ermitage, petites ruelles cachées au niveau de Pyrénées/Ménilmontant. On ne se croirait même plus à Paris!
    J’irai suivre votre itinéraire ce week-end (s’il ne fait pas trop froid ;)

  2. Sylvain dit :

    Merci de vos conseils :)
    Bonne balade, j’espère pour vous que le temps sera meilleur sinon attention aux glissades !

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