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A Valenciennes, une chambre d’hôtes Baroque’n Roll

Le Grand Duc - salon

Le Grand Duc est la chambre d’hôtes incontournable du Valenciennois. La décoration surprenante, réalisée par le propriétaire des lieux Philippe Collet, change au fil des saisons. Déconnexion assurée.

Philippe Collet a eu plusieurs vies avant de se consacrer à la décoration, l’une de ses passions. Ce Lorrain, installé dans le Nord depuis 1994, a plusieurs cordes à son arc : peintre, sculpteur, décorateur et propriétaire de la maison d’hôtes Le Grand Duc à Valenciennes. « J’ai mis trois ans et demi à trouver cette maison », raconte Philippe.

La demeure n’est ni située en centre-ville, ni dans une belle rue. Pari risqué ? « Quand je suis entré, j’ai été agréablement surpris. Je ne m’attendais pas à une telle maison avec un parc en pleine ville. » Sans oublier l’histoire qui colle aux murs de la bâtisse. Elle a appartenu à l’un des directeurs de la Compagnie des mines d’Anzin, la première qui lança l’exploitation du charbon dans notre région, en 1757. Elle fut notamment fondée par le duc de Croÿ. D’où le nom de Grand Duc. « J’ai voulu rendre hommage à ce duc, tout en faisant référence à l’expression : faire la tournée des Grands ducs. »

Depuis l’ouverture de la maison d’hôtes en 2006 – après une année de travaux – deux étranges coïncidences font sourire le propriétaire des lieux. « Un hibou vit dans le parc depuis deux ans et un couple de grands ducs s’est installé dans l’Avesnois, pas loin d’ici, en janvier 2008 ! »

Beaucoup ont pensé que Philippe Collet était un peu fou de s’installer dans ce quartier d’Anzin où les touristes ne viennent pas spontanément flâner. « J’ai misé sur le dynamisme croissant de Valenciennes et le tourisme d’affaires, en proposant des chambres et un accueil pour les cadres et les chefs d’entreprise. On rentre ici dans une bulle, on est ailleurs, comme en vacances. » Quarante-cinq nationalités sont passées par cet endroit qui brasse, au fil des jours, de nombreuses personnalités locales et internationales.

La villa est imposante mais elle ne révèle son véritable caractère que lorsque l’on pousse la porte d’entrée. Impossible de ne pas être saisi par l’originalité et l’éclectisme de la décoration. Mélanges osés ? « Comme c’est un lieu de passage, je peux me le permettre. C’est une maison du XIXe siècle, période où l’on expérimentait beaucoup de choses. J’ai donc décidé de créer différents styles en référence à la mouvance de l’époque. »

Dans le salon, une cheminée en marbre zébré du XVIIIe siècle côtoie une grille d’église gothique et des anges déchus peints sur les murs ; la table basse porte des boites à thé en argent du XIXe siècle, un bol tibétain, des bougeoirs argentés ; la salle à manger a opté pour des colonnes vénitiennes, des murs en (faux) croco et des tables miroirs. Bienvenue dans un monde baroque et déjanté signé Philippe Collet.

Ce délire décoratif sied à merveille à cette vieille demeure. Contemporain, œuvres d’art, objets sérieux ou rigolos, choses récupérées dans les poubelles y font un heureux mariage. On frôle le kitsch ou le décalé mais jamais le mauvais goût.

Les saisons changent, la déco du Grand Duc aussi. Le salon, autrefois rouge, est passé au blanc. Le lustre de la salle à manger s’est paré de fleurs pour le printemps.

« La décoration doit évoluer, il faut jouer avec les couleurs. Un coup de pinceau n’engage à rien », ajoute le pétillant propriétaire. Trente-deux couleurs, liées par un fil conducteur, égayent les lieux, de la cave au grenier.

Six chambres s’enroulent autour du grand escalier. À chacune son style. À chacune un nom poétique : « chambre du temps suspendu », « chambre des petits bonheurs », « chambre des rêves d’enfance »… Le style est plus simple, moins clinquant qu’au rez-de-chaussée pour assurer un repos paisible.

Cette maison n’aurait pas autant de cachet sans son jardin. Le parc, à l’image de l’intérieur, allie œuvres d’art et créations surprenantes. Un lustre est suspendu à un arbre, des boules argentées sont cachées dans les feuillages, des fauteuils dépareillés attendent les visiteurs pour boire le thé. Philippe se souvient d’Américains – des hommes d’affaires – qui, se sentant à l’aise, se sont mis en tongs et en short pour travailler dans ce havre de paix.

Informations :

  • Le Grand Duc
    104 avenue de Condé 59300 Valenciennes
    Tél : 03.27.46.40.30
    site web : — www.legrandduc.fr
    (Coordonnées GPS : 50.370403 x 3.513243)
  • Tarifs :
    88 € la chambre simple, 96 € la chambre double
    Petit déjeuner : 9 €
Texte : Claire Ditte
Photos : Le Grand Duc / Odile Copin
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