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La Cité de Carcassonne, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, est une ville forteresse incroyable théâtre de près de 2.500 ans d’histoire. Joyau de l’architecture médiévale, elle a été conservée au fil des siècles, offrant au visiteur un formidable plongeon dans les passé. Derrière ses hauts remparts, à travers ses ruelles, son château et sa basilique, découvrez les secrets de son histoire, de l’époque gallo-romaine aux temps des rois.
Fondé au IVème siècle avant Jésus-Christ, « Carcaso » est un oppidum gaulois qui connaît la prospérité après son annexion par les Romains, car idéalement situé sur la « Via Domitia », la route commerciale reliant Narbonne à Toulouse. A partir du IIIème siècle, les premiers remparts sont érigés pour défendre les habitations face aux invasions Barbares. De cette époque subsiste 17 tours sur la partie Ouest de l’enceinte intérieure, reconnaissables par leur forme en fer-à-cheval.
Au Vème siècle cet ouvrage militaire tombe aux mains des Wisigoths. Ils le défendront pendant plus de 250 ans. En 725, ce sont finalement les Sarrazins qui investissent la place forte. Quelques décades plus tard, Pépin le Bref regagne la Cité que les Francs rebaptisent alors « Karkashuna ».
A l’éclatement de l’empire Carolingien à-partir de 1082, c’est la puissante dynastie des seigneurs de Trencavel qui règne sur la région, jusqu’au XIIIème siècle. C’est au début de cette époque féodale faste pour la ville que la cathédrale et le château voient le jour. La cité prospère alors, le commerce est en plein essor. Mais en 1208, le pape Innocent III lance la « croisade des Albigeois » contre les Cathares, ces hérétiques qui peuplent l’Occitanie dans le sud de la France. A la vérité, les nobles occitans sous le joug du puissant Comte de Toulouse dérangeaient par leur richesse et leur attitude rebelles à l’égard de l’autorité française et papale.
Simon de Montfort vaincra le Vicomte de Trencavel au bout de deux ans de siège. Celui-ci se rendra contre la vie sauve laissée ses habitants, mais il mourra rapidement de dysenterie dans la prison de son propre château. En 1247 la ville est cédée par les Montfort au Roi Saint-Louis en 1247 qui, pour imposer son autorité, installe ses soldats et chasse la population. Celle-ci vient s’établir sur l’autre rive du fleuve pour créer la Bastide.

En 1659, le traité des Pyrénées rattache le Roussillon à la France. La frontière avec l’Espagne recule, Carcassonne perd son importance militaire stratégique. La production de draps en laine provenant des montagnes noires et des Corbières devient l’activité principale de la ville. Vers 1780, l’effondrement de ce commerce entraîne le lent déclin de la ville, qui ne retrouvera son dynamisme que sous la IIIème République, grâce à la viticulture et à la Révolution industrielle.
Au XIXème siècle la Cité, utilisée comme carrière de pierres, est sauvée par le notable carcassonnais Jean-Pierre Cros-Mayrevieille. Avec l’architecte Eugène Viollet-le-Duc et l’appui de Prosper Mérimée, alors inspecteur des monuments nationaux, il décide de la sauver en la rénovant pendant près de 50 ans. Les miséreux qui vivaient dans les lices et dans la cité à l’abandon sont expropriés.
La cité de Carcassonne impressionne d’entrée le visiteur dès son arrivée par la majesté de ses 52 tours et son double mur d’enceinte. De 1240 à 1250, la construction de l’enceinte est entreprise pour fortifier la cité désormais sous l’autorité du roi Philippe III le Hardi. Cette double ceinture est constituée d’une courtine, de tours rondes, du châtelet d’entrée, de la barbacane (mur d’enceinte en demi-cercle crénelé) ainsi que du fossé. Ces deux enceintes sont séparées par les lices, un vaste terrain accidenté. La porte de l’Aude, également l’un des autres accès principaux à la Cité, surplombe la rivière homonyme. Par beau temps on aperçoit les Pyrénées à l’horizon.
C’est l’entrée principale, flanquée de deux tour massives et protégée par une double herse et un assommoir. Bordée par des magasins de souvenir, la rue qui s’ouvre devant vous mène droit au château. Remarquez à l’entrée du pont-levis un curieux buste de femme sculptée, il s’agit d’une réplique de celui de Dame Carcas. L’original datant du XVIème siècle est conservé au château. Elle doit sa notoriété à une légende totalement fantaisiste née au XIIe siècle :
Du temps des Sarrasins, la Cité aurait tenu tête aux troupes de Charlemagne pendant un siège qui dura 5 ans. La princesse Carcas qui y régnait décida d’user de sa ruse lorsque les vivres et l’eau commencèrent à manquer au cours de la sixième année. Elle ordonna de gaver un porc de blé et de le jeter par dessus les remparts. Devant ce gaspillage, l’Empereur se découragea et leva le siège. Lorsque Dame Carcas vit les soldats de retirer dans la plaine, elle décida de faire sonner toutes les cloches du village. C’est ainsi qu’un homme de Charlemagne aurait crié « Carcas sonne ! »
Château Comtal (XI – XIIIèmes siècles) C’est au début du XIIème siècle qu’est élevé le nouveau château comtal dont il reste aujourd’hui une partie du donjon. Il connaît de nombreuses modifications au cours des siècles. En 1226, Saint Louis lui ajoute une enceinte fortifiée et un barbacane pour se protéger d’une éventuelle rébellion de la population. La tour du Guet ou tour Pinte, la plus haute du château, est l’une des rares tours carrées de Carcassonne. C’est un symbole de la puissance seigneuriale et un endroit stratégique pour surveiller les alentours.
Construite sur les vestiges d’une église paléo-chrétienne au Xème siècle, elle fut bénie par le Pape Urbain II en 1096. A la fin du XIIIème siècle elle subit des modifications importantes : le chœur roman est remplacé par à un nouveau chœur (l’abside polygonale) avec transept gothique pour agrandir l’édifice. Elle mêle aujourd’hui les influences des siècles : admirez le magnifique portail roman (XIIème), la nef, la voûte et huit chapiteaux romans (XI-XIIèmes), le transept et chœur gothique (XII-XIVèmes), les vitraux et la vingtaine des statues gothiques qu’y s’y trouvent.
Ce bâtiment abritait le tribunal et le logis des inquisiteurs dès 1233. C’est ici que Simon de Trencavel et son armée semèrent la terreur et jugèrent de nombreux Cathares hérétiques. Vous pouvez aujourd’hui visiter le Musée de la torture où sont exposés guillotine, pilori, cage de fer et autres instruments d’horreur de cette époque médiévale réputée pour sa cruauté.
Lors de travaux d’agrandissement, des mosaïques romaines y sont découvertes sous les fondations. A proximité s’élevait le palais épiscopal, siège du pouvoir spirituel de la cité sous les ordres du Roi en opposition avec le pouvoir temporel des seigneurs. Des sculptures de cet édifice aujourd’hui détruit ont été récupérées lors d’une restauration du XIXème siècle et sont présentées dans le musée aménagé dans les salles du château.

A l’emplacement actuel du jardin se trouvait l’église Saint Sernin construite dès la fin du XIIème siècle mais détruite lors de la Révolution Française. Point de rencontre de la population, cette place est restée un lieu d’animation très important où les habitants et les touristes peuvent profiter des terrasses ombragées.
Sur les 22 puits qui alimentaient la Cité, il est réputé comme le plus ancien. Ses bordures sont du XIVème et ses colonnes et ferrures datent de l’époque Renaissance. Une légende rapporte que les Wisigoths, effrayés par l’arrivée d’Attila, y auraient caché le trésor du Temple de Salomon. Il a été maintes fois fouillé, toujours en vain.
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