Avec les GPS MIO
Au crépuscule de sa vie, Jean Cocteau, l’un des artistes les plus marquants du XXème siècle avait fait de Milly-la-Forêt, dans l’Essonne, son refuge loin du Tout-Paris qu’il voulait fuir. Véritable cocon enfoui dans la végétation, source d’inspiration et oeuvre d’art à part entière, la maison qu’il acheta avec Jean Marais en 1947 est ouverte à la visite depuis le 24 juin. Il aura fallu cinq années de restauration pour enfin permettre au public d’explorer l’antre du génial créateur.
C’est la maison qui m’attendait. J’en habite le refuge, loin des sonnettes du Palais-Royal. Elle me donne l’exemple de l’absurde entêtement magnifique des végétaux. J’y retrouve les souvenirs de campagnes anciennes où je rêvais de Paris comme je rêvais plus tard, à Paris, de prendre la fuite. L’eau des douves et le soleil peignent sur les parois de ma chambre leurs faux marbres mobiles. Le printemps jubile partout. (« La Difficulté d’être »)

Témoignage majeur des goûts et de l’intimité de l’artiste, la Maison de Jean Cocteau offre au public, après 5 ans de travaux, la parfaite restitution de sa chambre, jusqu’au moindre bibelot, de son bureau et du grand salon, dans lequel se trouve notamment une toile magistrale de Christian Bérard, « Œdipe et le Sphynx jouant aux cartes ».
Toute l’année, les visites seront également émaillées d’expositions temporaires présentant quelques unes des nombreuses pièces de Picasso, Warhol, Modigliani, Buffet, Blanche, Man Ray, etc. accumulées par la succession Cocteau, ainsi que des photographies, manuscrits, lettres, journaux et affiches évoquant les moments importants de la vie et de l’oeuvre du maître des lieux.
Commencée par la cuisine et ses 32 autoportraits, la visite mène notamment, au rez-de-chaussée, vers une salle de projection diffusant des films de et sur Cocteau. Le jardin domestique, le verger et le bois, 2 hectares au total, constituent des lieux de promenade privilégiés pour le visiteur. L’omniprésence de l’eau, traversée par des passerelles, la couleur des parterres fleuris, les arbres fruitiers plantés par Cocteau et le château en vis-à-vis sont une invitation à la rêverie. Enfin, la pergola du jardin, qui offre une restauration légère et une librairie-boutique conclut la visite.
A la sortie de la commune, la Chapelle Saint-Blaise-des-Simples, dont les fresques furent réalisées par Jean Cocteau, abrite aujourd’hui sa tombe. Dessus est inscrite l’épitaphe « Je reste avec vous ». La maison de Milly-la-Forêt ouverte public, voila cette promesse désormais tenue.
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