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A une heure et demie de Paris sur l’autoroute A6 direction Lyon vient Auxerre, préfecture de l’Yonne. Une ville de passage, direz-vous. Auxerre ? On connaît de nom parce que Guy Roux a rendu célèbre le club de foot, c’est tout. Et pourtant, le coin vaut le détour. Mieux qu’une halte sur la route du soleil. Mieux qu’un match au stade de l’Abbé-Deschamps.
Avant de partir, parcourez le centre historique de la ville à pied. Une heure, tout au plus. La cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre, de style gothique et bâtie en pierre de Tonnerre, est connue pour ne posséder qu’une tour sur sa façade occidentale, la tour Nord. Etonnez-vous devant les deux cadrans de la Tour de l’Horloge, et essayez de comprendre les mécanismes du cadran solaire, bien différents de ceux du cadran lunaire.
A deux pas d’ici, la statue de Cadet Roussel, citoyen d’Auxerre, qui a inspiré la chanson qui porte son nom. Passez devant l’abbaye Saint-Germain, l’église Saint-Pierre, la place Saint-Nicolas et ses maisons à pans de bois, elles méritent le coup d’œil. Mettez le contact et tournez la clé, avant de longer les quais de l’Yonne puis de traverser le pont Paul Bert, direction les vignobles.
Première étape : l’appellation Saint-Bris-le-Vineux, au Sud-Est d’Auxerre. Des vignes accrochées aux collines. Et ce calcaire blanc sous les ceps. Une chaleur intenable en été, quand le soleil s’y réfléchit. Avec pour conséquence, une maturation continue du raisin. Du début de la journée jusqu’à la nuit tombée, quand la chaleur emmagasinée par les pierres retombe.
Direction le Chablisien, le temple du vin blanc en Bourgogne. Passez par Chitry et Courgis, deux petits villages qui ne vivent eux aussi que pour, et par, la vigne. Chitry possède d’ailleurs son appellation. Les vignes sont plantées jusque dans des lieux insoupçonnés, des parcelles définitivement pentues où l’on se demande comment on peut aller cueillir le raisin. Mais Chitry et Courgis, ce sont aussi de nombreuses allées de cerisiers. Un bonheur au printemps quand les arbres sont en fleur. C’est moins connu, et pourtant la production de la cerise est importante dans la région auxerroise.

Son nom se suffit à lui-même. Le vin blanc, bien évidemment. Petit Chablis, Chablis, Chablis 1er cru, Chablis grand cru. Faites votre choix. Quel embarras ! Quelle cave ? Quel domaine ? Quelle année ? Quelle quantité ? A consommer avec modération. Tiens, passez à table. Goûtez les escargots au Chablis ou le jambon chaud à la chablisienne. Pour digérer, grimpez, marchez, allez vous perdre dans les kilomètres de vigne autour de vous. A couper le souffle cette mer de vigne. Inutile d’en dire plus. C’est une sensation de grandeur, d’espace, d’infini, de calme, de couleur, d’odeur, de saveur. Oui, tout ça.
Sur la route de Tonnerre, Fleys annonce la fin du vignoble chablisien. La route, jusqu’ici coincée entre les collines, remonte doucement sur un plateau. Les dernières treilles sur votre gauche. Merci, au revoir les vignes.
La ville est sinistre. La crise est passée par là, les entreprises ont mis la clé sous la porte les unes après les autres. Mais dans le centre, le charme est toujours là. Il faut dire que la pierre blanche de Tonnerre est un sérieux atout. Ces grandes maisons, autrefois de luxe, ont du cachet. Avec un passage obligé à la Fosse Dionne, cette fontaine magique. Une source mystérieuse, lointaine, à l’eau claire et turquoise. Vous lirez toute l’histoire de la source et du lavoir, juste à côté, à la Ferme de la Fosse Dionne, un vrai bon restaurant.
Avant de reprendre votre route, autorisez-vous un bref passage au Vieil Hôpital, la propriété est charmante.
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