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La Goutte d’Or à Paris, quartier aux mille visages

15/04/2012
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Echoppe exotique

La Goutte d’Or est aujourd’hui l’un des derniers bastions populaires de Paris. Doté d’une étonnante identité, mixant les cultures d’un continent tout entier, ce quartier du XVIIIème arrondissement méconnu des touristes est le spectacle d’un mode de vie haut en couleurs et en traditions. Voyage au cœur de l’Afrique sur Seine.

Un passé rural et ouvrier

La Goutte d’Or doit son nom aux vignes qui y poussaient depuis le Moyen-Age et donnaient un vin blanc très réputé. La ville de Paris avait alors coutume d’offrir chaque année au roi de France, du « vin de la Goutte d’Or ». Sous le règne de Saint Louis, à la suite d’une grande beuverie, il fut classé troisième meilleur cru, après les vins de Chypre et de Malaga !

Cette terre rurale comptait également cinq moulins à vent, comme Montmartre, mais son urbanisation rapide dans les années 1840 transforma le paysage. En quelques années, les rues furent tracées, et ce nouveau quartier à la périphérie de Paris accueillit les vagues de population de province, ou chassées du centre par les réhabilitations. La révolution industrielle draine des ouvriers célibataires venus de France et de toute l’Europe pour construire les lignes de chemins de fer ou travailler dans des usines. Dès cette époque, le quartier devient multiculturel.

Dans l’Assommoir d’Emile Zola, la décadence de Gervaise Macquart, blanchisseuse de la Goutte-d’Or donne une idée précise de la vie rude des faubourgs du XIXème siècle, entre misère et alcoolisme. L’arrivée des communautés Juive Séfarade et Arabe dans les années 50, puis Africaine, Yougoslave et Chinoise renforcera encore d’avantage le cosmopolitisme de ce Paris populaire.

Balade au cœur d’un quartier coloré et vivant

Commençons notre balade à la sortie du Métro Château Rouge (Coordonnées GPS : 48.887238 x 2.349358). Au milieu d’un désordre bon enfant, des marabouts distribuent les tracts promettant gloire et amour sur consultation, les « mamas » africaines circulent en boubous colorés, des vendeurs à la sauvette proposent des sacs et des lunettes griffés contrefaits. Prenez à droite la petite rue Dejean (GPS : 48.887439,2.350176) où se tient tous les jours un marché animé proposant  poissons, viandes, fruits inconnus et épices rares. Pas de meilleur endroit pour s’imprégner de l’ambiance exotique du quartier.

Vous débouchez ensuite rue des Poissonniers (GPS : 48.886826 x 2.350806), qui doit son nom aux marchands de la mer du Nord qui le fréquentaient au XIXème siècle. Aujourd’hui, des conversations animées aux intonations chantantes s’y tiennent entre habitants, car elle est la rue commerçante du quartier. Tailleurs de boubous, échoppes de tissus traditionnels, coiffeurs afro, épiceries exotiques, restaurants camerounais  et zaïrois, vous serez vite dépaysés. Empruntez ensuite la rue de Panama (GPS : 48.887843 x 2.351898). Vous y croiserez des Congolais habillés de costumes ultra chics et colorés, prêts à se mesurer lors de très sérieux « concours de SAPE » (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes). Jetez-donc un coup d’œil dans la boutique de mode Connivence, leur quartier général !

Remontez ensuite la rue Léon (GPS : 48.887337 x 2.353461). Pour boire un café, vous pouvez faire une halte au théâtre indépendant du Lavoir Moderne Parisien et au bar l’Olympic, juste en face, qui organise de nombreux concerts et anime une télé locale sur la culture du quartier. Passez ensuite par la rue Saint-Luc (GPS : 48.886586 x 2.353714) et l’église Saint-Bernard. Construite au XIXème siècle en style néo-gothique, elle fut le siège de Louise Michel lors de la révolution de la Commune en 1871. L’église est surtout connue pour une autre lutte politique, celle des sans papiers africains qui y restèrent 300 jours en 1996 pour demander leur régularisation.

Tournez rue Polonceau (GPS : 48.885956,2.351696), l’ancienne « route des moulins » et remarquez au n° 38 une ancienne maison de meunier, aujourd’hui transformé en temple bouddhiste ! Au n°19, entrez dans l’insolite Musée de la Bouillotte (ouvert de 13h à 19h, entrée libre), qui voue un culte à ce petit objet rudimentaire, avec une collection de plus de 300 pièces anciennes. Prenez ensuite la rue de la goutte d’or (GPS : 48.885023,2.352721) et entrez dans le nouveau centre Fleury Goutte d’or – Barbara, dédiée à la culture arabo-africaine du quartier. Vous y trouverez des expositions intéressantes et des concerts tous les soirs. Les boucheries hallal et les bars kabyles bordent la petite rue, tandis que les enfants jouent sur des placettes.

Vous débouchez enfin sur le Boulevard Barbes (GPS : 48.885259,2.349524). En plein carrefour, les vendeurs de cigarettes de contrebande sont concurrencés par les revendeurs d’or, qui ouvrent leurs manteaux sur votre passage pour dévoiler leur « vitrine » ! A l’angle, Tati est le rendez-vous des « mamas » du quartier qui viennent tâter les tissus et dénicher de bonnes affaires.
De l’autre côté, remarquez l’incroyable façade multicolore néo-égyptienne du Louxor. Rare rescapé des cinémas des années folles, il est classé Monument historique. Dans les années 80, il fut transformé en discothèque puis laissé à l’abandon. Bonne nouvelle, en 2013 Louxor va reprendre sa vocation initiale de cinéma d’art et d’essai.

Informations :

  • Office de Tourisme de Paris – Point d’accueil Anvers
    sur le terre plein face au 72, boulevard Rochechouart, 75018 Paris
    Métro : Anvers (ligne 2)
    Ouvert tous les jours de 10h à 18h
    (GPS : 48.882825 x 2.3438)
Texte & Photos : Camille Griffoulières
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  1. En tant qu’habitant du quartier j’approuve cet article!!! Top, à visiter!!

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