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L’imposant château-fort en grès rose a été restauré au début du XXème siècle tel qu’il s’élevait 500 ans plus tôt. Surplombant la plaine d’Alsace, l’édifice replonge ses visiteurs dans l’ambiance du Moyen-Age.
Depuis la route qui traverse l’Alsace du Nord au Sud, impossible de manquer la silhouette du Haut-Kœnigsbourg qui se détache des rondeurs vosgiennes et marque la limite entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Perchée sur un promontoire rocheux à plus de 750 mètres, la forteresse médiévale en grès rose des Vosges n’a rien d’une ruine, contrairement aux nombreux châteaux alentour. Logis, pont-levis et donjon carré semblent intacts.
Pourtant le château a traversé les mêmes évènements historiques que ses voisins. Construit en 1147 par le duc d’Alsace, il prend le nom de Kœnigsbourg (château royal) à la fin du siècle. En 1479, les Habsbourg confient le château-fort, détruit, à la famille Tierstein, qui le réhabilite et l’agrandit pour en faire une place forte d’artillerie. Mais en 1633, au milieu de la Guerre de Trente ans, les Suédois pillent puis incendient la forteresse. Elle ne retrouvera son prestige qu’au début du XXème siècle.
En 1899, l’empereur Guillaume II se voit offrir les ruines (l’Alsace est annexée à l’Allemagne en 1871) qu’il décide de restaurer, pour marquer avec faste la limite occidentale de son empire. Bodo Ebhart est chargé des travaux, qui s’achèveront en 1908. Si l’architecte berlinois redonne au château ses contours du XVème siècle, des anachronismes se glissent dans ses plans. Les cuisines impériales, comme la salle des fêtes, sont prévues pour accueillir les visites annuelles du Kaiser dans le confort de son époque, au détriment de la précision historique.
Aujourd’hui, les 500.000 visiteurs annuels du Haut-Kœnigsbourg sont plongés au cœur du Moyen-Age. Au pied des remparts, on est saisi par l’impression de majesté qui se dégage du château. On entre dans l’enceinte par la cour basse, où les colombages de l’auberge côtoient une fontaine et une forge.
A l’intérieur du logis, le château à proprement parler, des salles lambrissées abritent un mobilier et des armures du XVème siècle. Dans l’escalier d’accès, les meurtrières rappellent que le château était aussi un lieu de repli sûr. Un escalier hexagonal extérieur mène au donjon carré, autrefois tour de guet.
Hors saison, il est possible de visiter des parties de cet emblème du château habituellement fermées au public. La salle du Kaiser est dominée par un aigle impérial au plafond, qui témoigne des intentions plus politiques qu’historiques de l’architecte.
Au bout de l’enceinte, on pourra admirer les canons exposés dans le bastion, mais surtout la vue imprenable sur les forêts des Vosges, les villages typiques du piémont et leurs vignes, la plaine d’Alsace et ses cultures, et de l’autre côté du Rhin, les reliefs de la Forêt-Noire.
Ceux qui cherchent à retrouver avec plus de force l’ambiance médiévale pourront suivre les animations et visites insolites régulièrement organisées par le château, classé monument historique depuis 1993.
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