Avec les GPS MIO
La basilique du Sacré-Coeur trône fièrement au sommet de la Butte Montmartre, éblouissante de blancheur. Pour arriver jusqu’au parvis, il suffit de prendre son souffle et de gravir les 237 marches étroites et raides. Arrivé en haut, une très belle vue sur Paris s’offre au regard.
Pourquoi le Sacré-Coeur ? Revenons en arrière, dans le contexte historique de 1870. De juillet 1870 à mai 1871, c‘est « l’Année Terrible ». Après la défaite de Napoléon III à Sedan, le peuple de Paris subit un siège terrible et interminable. Les parisiens subissent le froid et la faim. Les chiens, les chats, les rats, les corbeaux … et même les animaux de la ménagerie du Jardin des Plantes leur servent de nourriture. Napoléon III est prisonnier des Prussiens capitule, les émeutes de la Commune de Paris ne font qu’ajouter massacres et misère.
Beaucoup de catholiques considéraient que tout cela était une punition divine. Deux riches bourgeois dévots, Alexandre Legentil et son beau-frère Hubert Rohaut, font le vœu d’ériger une église dédiée au Cœur de Jésus à Paris. Ils proposent en janvier 1871 un Vœu National dans ces termes :
“En présence des malheurs qui désolent et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés. Pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l’infinie miséricorde du Sacré-Coeur de Notre Seigneur Jésus Christ, le pardon de nos fautes, nous promettons de contribuer à l’érection à Paris d’un sanctuaire dédié au Sacré-Coeur de Jésus”.
L’archevêque de Paris Mgr Guibert approuve le projet dé création d’un tel lieu de culte le 18 janvier 1872. Le 5 mars 1873, dans une lettre adressée au Ministre des cultes il demande “qu’un temple élevé pour rappeler la protection divine sur la France et la Capitale, soit placé sur un lieu qui domine Paris et puisse être vu de tous les points de la Cité”. A Montmartre, donc. Depuis le dôme, on peut apprécier le paysage sur 50 km à la ronde. 300 marches mènent au sommet du dôme.
Une fois découverte la basilique, place à la visite du quartier. Loin de l’agitation des sites touristiques, il fait bon flâner dans ses petites ruelles pavées, où règne un petit air de province. Pour se faire, les escaliers sont une étape obligée. “Les escaliers de la Butte sont durs aux miséreux”, a écrit Jean Renoir. Leur hauteur et leur style sont caractéristiques, et leur ascension ou leur descente sont un aspect incontournable d’une balade à Montmartre. On y échappe difficilement. Il y a 30 volées de marches à la Butte Montmartre, des escaliers plus ou moins longs, plus ou moins raides.
Après quelques marches vous trouverez, sur la gauche de la basilique, la rue des Saules, toute en montée. Il suffit de se retourner pour avoir une vue imprenable sur la capitale. Précédemment appelée rue de la Saussaye, cette rue était autrefois bordée de saules, d’où son nom. Au coin de la rue Saint-Vincent et de la rue des Saules se dresse une petite maison rosâtre : le “Lapin agile”, seul survivant des cabarets montmartrois.
En 1875, le peintre caricaturiste Alain Gill a peint une enseigne représentant un lapin sautant d’une casserole, le “Lapin à Gill”, qui se change tout naturellement en “Lapin Agile”.
La copie de l’enseigne est au musée de Montmartre, l’original ayant été volé en 1893. En 1860, ce n’est qu’une guinguette nommée « Au Rendez-vous des voleurs » qui devient le “Cabaret des Assassins” et enfin le Lapin Agile.
Un peu avant 1900, Frédé, figure emblématique de Montmartre, donne une impulsion artistique au cabaret, et pour la première fois des arts différents vont s’y côtoyer. Ecrivains, peintres, poètes, musiciens, comédiens, sculpteurs se rassemblent, se critiquent, se moquent, s’entraident autour de la guitare et du violoncelle du père Frédé. Ces veillées où chacun joue, récite, chante ses œuvres, feront les riches heures du Lapin Agile. Ces « inconnus » ont pour nom Braque, Picasso, Utrillo, Derain, Modigliani, Guillaume Apollinaire, Pierre Mac Orlan, Francis Carco, Roland Dorgelès, etc…
“Il y avait un Montmartre un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé.” Marcel Aymé
Modeste employé de troisième classe dans un ministère, il se découvre fortuitement cet étrange pouvoir, et l’utilise d’abord pour rendre fou un sous-chef de service qui l’abreuvait d’humiliations. La sculpture du passe muraille est située place Marcel Aymé, près de la maison où vécut l’auteur de la nouvelle “Le passe muraille”.
La rue Norvins passe le long de cette place. Marcel Aymé (1902-1967), a vécu à Montmartre, il est enterré au cimetière Saint Vincent de Montmartre.
Yolanda Gigliotti avait découvert cet hôtel particulier quelques années seulement après son arrivée dans la capitale, alors qu’elle était une étoile montante avec son tube « Bambino ». C’est là que, pendant 25 ans, celle qui devint ensuite Dalida s’est installée, dans l’étroite rue d’Orchampt, et en a fait son refuge, au dessus de Paris. « Elle adorait Montmartre pour son côté campagne et en connaissait chaque recoin », raconte son frère Orlando. “Sa cantine, c’était le resto italien du Moulin de la Galette de la rue Lepic, où elle déjeunait souvent avec l’actrice Anouk Aimée ». A quelques mètres, elle enregistrait ses chansons dans le studio de production d’Orlando, rue Damrémont. « Je la voyais souvent passer dans son Austin noire ou sa Mercedes”, évoque Ali, épicier dans la même rue. “Elle venait m’acheter des biscuits et du chocolat avec son petit chien. Elle était simple dans ses propos, mais très élégante aussi : je ne l’ai jamais vue en pantalon !”
Aujourd’hui encore, lorsque l’on demande à Isabelle, jeune commerçante, l’adresse de son magasin de vêtements pour bébés, elle répond : “La rue Dalida”. “C’est plus clair pour les gens que la rue Orchampt !”
Situé Square Jean Rictus, à proximité de la Place des Abbesses, le Mur des « Je t’aime » est l’œuvre de Frédéric Baron. Il a réuni un millier de “Je t’aime” écrits dans plus de 300 langues et dialectes. Claire Kito a calligraphié et ordonné les phrases sur ce monument de 40 m². 311 « Je t’aime » en 250 langues fleurissent sur 511 carreaux de plaques de lave vitrifiée au format 21×29,7cm, rappelant celui des feuilles de papier sur lesquelles ont été recueillies par Frédéric Baron les écritures manuscrites. Les éclats de couleur sur la fresque sont les morceaux d’un cœur brisé, celui d’une humanité qui trop souvent se déchire et que le Mur des “Je t’aime” tend à rassembler. Une jolie découverte, à apprécier en amoureux. Forcément.
Le mieux pour se rendre à Montmartre, c’est encore de prendre le métro.
Descendre aux stations Abesses (Ligne 12) ou Anvers (Ligne 2), puis aller en direction du Sacré-Cœur (GPS : 48.8872351 x 2.3434115)
Fleuron de l’architecture Renaissance, le...
A une heure de Paris à peine, la Picardie...
C’est au Musée National du Sport à Paris,...