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Non loin de Saint-Omer, le marais audomarois est bien connu. Pourtant, on ne s’en lasse pas ! Une petite virée dans ce labyrinthe aquatique est toujours aussi dépaysante.
Le marais audomarois est un vrai labyrinthe en mouvement permanent. Depuis 1985, Luc Barbier est gestionnaire de la réserve du Romelaëre qui s’étend sur 103 hectares. Ce petit bout de marais protégé n’en finit pas de l’étonner. Un peu comme la mode, il sort régulièrement de nouvelles collections d’oiseaux et de plantes qui sont découvertes par l’équipe qui gère les lieux.
La réserve a été classée réserve naturelle nationale en 2008. Cet écrin d’eau et de verdure abrite des joyaux dont Luc Barbier n’est pas peu fier. La star en est sans doute le butor étoilé qui niche ici depuis 1999, époque où les roselières ont été restaurées. « Il existe moins de trois cents couples en France. Nous estimons qu’il y a ici trois ou quatre mâles. » Difficile de détecter cet oiseau qui se cache bien. Pour remarquer sa présence, il faut tendre l’oreille : « Il beugle, comme lorsque l’on souffle dans une bouteille. En tout cas, il se reproduit car nous avons aperçu des jeunes voler. »
De nombreux passereaux habitent également le marais. « Les visiteurs pensent que ce sont des moineaux. En réalité, il s’agit de rousserolles effarvattes, de phragmite des joncs, de gorges bleues, de bruant_des_roseaux… ». C’est vrai que de loin, ces oiseaux, qui pèsent entre 10 et 20 grammes, se ressemblent tous. Tirant sur le marron, ils ne se distinguent que par leur chant. Dire qu’ils parcourent des milliers de kilomètres pour rejoindre chaque année la pointe ibérique ou l’Afrique de l’Ouest ! Pour de si petits oiseaux, traverser le désert est un véritable exploit. L’idéal pour les observer est de venir entre mai et juillet, au moment où ils profitent de la réserve pour reprendre des forces avant leur long voyage.
L’ouette d’Egypte fait partie des nouveautés. Depuis quelques années, elle se reproduit dans le marais. D’autres locataires ne sont pas vraiment les bienvenus comme le cormoran, tant attendu dans les années 80, et qui est aujourd’hui devenu envahissant pour les pêcheurs. Ou encore la tortue de Floride, achetée petite en magasin avant d’être finalement relâchée en pleine nature. En grandissant, elle peut se transformer en croqueuse de doigts. Certains semblent imaginer que la réserve est une garderie d’animaux de compagnie devenus un peu trop encombrants…

— Une bonne adresse : le Bon Accueil
Après avoir englouti un potjevleesh, une carbonnade flamande ou un pudding à la rhubarbe et à la bière, le Bon Accueil vous propose une petite promenade digestive sur le marais audomarois. Plusieurs moyens de locomotion sont mis à disposition des visiteurs : une visite commentée sur bateau couvert pendant une heure, une virée en barque à rames ou à moteur, ou une promenade en canoë. La location se fait généralement à l’heure ou à la journée.
Valérie et Olivier Picquendar, sœur et frère, ont repris l’affaire de leurs parents. C’est une histoire qui remonte loin, puisque leurs arrière-grands-parents possédaient déjà en 1912 la ferme aujourd’hui transformée en restaurant et lieu de location de bateaux.
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